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Stratégies pour l’athlète en confinement

Mis à jour : mai 13


La pandémie de COVID-19 a paralysé le monde du sport au niveau planétaire. Tous les événements sportifs ont été annulés et l’ensemble des gyms et autres centres d’entraînement ont fermé leurs portes. La majorité des athlètes se retrouvent ainsi sans moyens de s’entraîner, ne disposant pas des installations, du matériel ni de l’espace nécessaires pour pratiquer leur discipline sportive en situation de confinement, c’est-à-dire, à la maison.

Dans cet article, nous aborderons huit stratégies pour l’athlète en confinement afin de préserver sa motivation ainsi que ses habiletés physiques et mentales, tout en continuant de progresser en tant qu’individu et athlète et en se préparant au retour à l’activité physique.


1. Saisir cette occasion pour travailler ce qu’on néglige habituellement. En tant qu’athlète, nous avons tous des aspects que nous pourrions travailler davantage, mais que nous mettons de côté par manque de temps ou de motivation. Par exemple, nous savons que nous devrions travailler plus sur notre flexibilité, notre endurance ou notre cardio mais nous avons d’autres priorités ou préférences en temps normal. Maintenant serait donc un bon moment pour enfin y mettre du temps et travailler nos faiblesses, notre “mauvais côté” ou encore, nos exercices de physiothérapie et de prévention des blessures que nous ne faisons pas toujours à la perfection.


2. Travailler des habiletés complémentaires à notre discipline sportive. Une nouvelle activité peut notamment aider à se changer les idées, mais la diversification des activités permet aussi de maximiser le développement d’habiletés connexes qui peuvent bonifier nos performances sportives. Par exemple, nous pourrions tous bénéficier de pratiquer le pilates pour améliorer la musculation profonde en lien avec notre posture, la danse pour augmenter notre coordination et notre sens du rythme ou encore, la jonglerie pour travailler notre coordination œil-main.


3. Apprendre et s’intéresser à des choses complètement différentes. C’est le temps de commencer une formation, lire un livre, faire un casse-tête, apprendre à tricoter, apprendre une nouvelle langue ou à tenir ses équilibres sur les mains même si on est un joueur de tennis et que “ça ne sert à rien”. Il est recommandé en général de varier nos activités, ce qui n’est pas toujours possible. Maintenant, on peut se le permettre alors pourquoi ne pas s’y mettre maintenant ?


4. Continuer de se fixer des objectifs à court, moyen et long terme. Il est difficile de savoir combien de temps les mesures de confinement et de distanciation sociale vont durer. Nous pouvons toutefois réviser nos objectifs, les ajuster et nous en fixer des nouveaux. Il est important de se fixer des objectifs réalistes et qui tiennent compte du contexte de confinement évidemment. Ceux-ci nous permettront de rester motivés, soutenir notre persévérance, maintenir nos acquis et peut-être même de continuer de progresser.


5. S’intéresser à l’aspect psychologique de la performance. L’entraînement mental est parfois mis de côté par les athlètes qui investissent déjà beaucoup de temps et d’énergie dans l’entraînement physique. Cependant, l’entraînement mental, tel que la visualisation, a bien fait ses preuves dans le monde du sport quant à son impact sur la performance, notamment en favorisant une meilleure gestion du stress, une augmentation de la confiance, une meilleure concentration et prise de décisions, une plus grande rapidité d’exécution, etc. L’entraînement mental demande lui aussi de la pratique et donc, du temps. L’athlète peut, en temps de confinement, s’informer davantage sur le sujet, pratiquer certains exercices et même consulter un préparateur mental ou un psychologue sportif à ce sujet, à distance bien sûr, pour l’aider à maintenir ses acquis, progresser dans certains aspects de sa performance ou encore, développer des stratégies pour optimiser sa performance en entraînement ou en compétition pour revenir en force lorsque la vie reprendra son cours normal.


6. Rester connecté avec son sport. Il est bien de prendre une pause physique et mentale de notre sport de temps en temps. Cependant, on ne veut pas décrocher complètement si on compte y retourner dès que le confinement se termine et que nous avons des objectifs de performance, surtout si le confinement perdure encore longtemps. Nous voulons donc garder notre sport et nos objectifs en tête le plus possible. Pour ce faire, nous pouvons regarder des vidéos de nous en train de pratiquer un mouvement particulier ou nos performances passées afin de les analyser et ne pas perdre le fil d’où nous sommes rendus. Nous pouvons aussi regarder des vidéos d’autres athlètes accomplissant des éléments qui font partie de nos objectifs par exemple. Le fait de visionner des vidéos de notre discipline sportive, pratiquée par nous ou non, maintient notre sport dans notre vie quotidienne afin qu’on puisse y retourner rapidement dès que ce sera possible.


7. S’offrir un temps de réflexion. Le confinement nous oblige à prendre une pause et à changer nos habitudes. La façon dont nous passons notre temps a changé. Certaines habitudes se sont développées alors que d’autres ont disparu. Il serait donc pertinent de profiter de l’expérience du confinement pour faire le ménage dans toutes ces nouveautés afin de déterminer lesquelles ont un effet positif sur nous et mériteraient d’être conservées. En remettant en question certains éléments de notre vie d’avant confinement, nous pouvons aussi prendre conscience de ce à quoi nous voudrions consacrer moins de temps dans notre vie quotidienne. Nous pourrions par exemple vouloir garder cette habitude que nous avons prise de méditer ou de prendre une marche tous les matins, poursuivre ce projet d’apprendre l’espagnol ou encore de cuisiner tous nos repas plutôt que de manger au restaurant chaque semaine. Nous pourrions aussi choisir de continuer d’échanger sur Skype ou Facetime avec nos parents ou amis qui habitent loin ou passer plus de temps de qualité avec nos enfants et/ou notre conjoint. L’important est de prendre conscience de ce que nous aimions de notre vie d’avant, de ce que nous aimons présentement de la vie en confinement et de ce que nous aimerions qui prenne moins de place dans le futur et de prendre des décisions en conséquence pour améliorer notre vie quotidienne d’après confinement.


8. Enfin, apprivoiser les moments d’ennui car ceux-ci sont source de créativité. Certaines personnes peuvent ressentir un sentiment de vide associé au fait de n’avoir rien à faire ou d’avoir simplement plus de temps libre parce que la vie quotidienne roule généralement rapidement. Cependant, ne rien faire crée un espace dans notre esprit qui stimule l’imagination, la créativité et la résolution de problèmes. Il en est de même lorsque nous ne disposons pas de l’espace ou du matériel nécessaire pour pratiquer certaines habiletés ; nous devons innover. Le confinement pourrait donc avoir pour effet de nous encourager à trouver de nouvelles idées, explorer de nouveaux concepts, réinventer un mouvement, notre style ou notre stratégie de jeu, jouer avec les habiletés que nous possédons déjà ou encore se laisser inspirer par d’autres athlètes.


En conclusion, il est possible d’identifier des effets positifs à cette pause même si elle est forcée. Pour la majorité d’entres nous, un effet naturel et positif du confinement sera notamment de générer un grand sentiment de hâte de reprendre notre activité sportive. Cette excitation nous amènera à voir grand dans nos objectifs et peut même avoir pour conséquences de perdre certaines de nos peurs ou mauvaises habitudes que nous pouvions avoir dans certains mouvements ou encore de diminuer la sur-analyse des détails non pertinents qui nous empêchaient d’être dans le moment présent en entraînement. Surtout, nous recommencerons à avoir du plaisir en pratiquant notre sport, chose que nous pouvions parfois oublier. Le fait de cultiver cette excitation de retourner à notre discipline sportive, d’apprendre à lâcher prise sur ce que nous ne pouvons pas contrôler et de développer notre résilience nous ramènera certainement à l’essentiel qui est la passion de notre sport.




Julie Losier-Charette est psychologue spécialisée en enfance, adolescence et familles et possède une deuxième spécialisation en psychologie du sport et de la performance. Psychologue, athlète et entraîneure en plusieurs disciplines sportives, notamment l’acrobatie, le trampoline, le parkour, la flexibilité et les équilibre sur les mains, elle joint sa passion pour la psychologie à celle du sport afin de soutenir et favoriser le développement optimal des jeunes athlètes.

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© 2016DreIsabelleGagnonpsychologue

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